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Auteur : VONARBURG, Elisabeth - Type : Livre
Editeurs connus : A lire - Livre de Poche
Editions Le Livre de Poche (n°7187)
Editions ALIRE n°027
Nous sommes dans un monde qui a régressé jusqu’au point ou les hommes ne connaissent plus les sciences, ils se contentent de les reconstituer. D’ailleurs dire les hommes n’est plus de rigueur. Il naît tellement plus de femmes que d’hommes (ceci étant dû à une maladie qui prend sa source à l’époque du Silence dans la cité).
Les hommes sont obligés de voyager et de faire leur "service" en tant que reproducteurs dans des dizaines d’endroits pour éviter la consanguinité et la dégénérescence, et par conséquence souvent traités comme des animaux reproducteurs. Les femmes ne sont pas mieux loties puisqu’elles sont obligées d’essayer d’avoir des enfants jusqu’à la ménopause ou jusqu’à ce qu’elles soient déclarées stériles.
Les femmes ont créé le Pays des Mères, grâce à une prophète, Garde, qui leur a enseigné la parole d’Elli. Un monde sans les absurdités et la barbarie des structures sociales précédentes. Chaque région est dirigée par une Mère, et toutes les Mères décident ensemble de l’avenir du Pays. Dans ce pays, une enfante (on ne dit plus un enfant, même pour les garçons) existe. Elle s’appelle Lisbeï, et c’est son histoire, sa révolte, ses découvertes, ses erreurs et ses passions. C’est son histoire, mais c’est aussi l’Histoire du Pays des Mères.
Faire un résumé de cette histoire est difficile. Comment donner envie de lire l’histoire, sans donner trop de détails, sans casser la magie. Ce livre suit le parcours initiatique de Lisbeï, cette enfante curieuse et pleine d’envie d’apprendre. On la voit évoluer aussi bien dans sa conscience que dans son savoir. Un côté très intéressant est de voir tout au long du livre l’évolution intellectuelle de l’héroïne, due à l’âge, la manière de narrer l’histoire suivant cette évolution. On voit les réactions si proches des nôtres lorsqu’on la confronte à la réalité qui s’oppose à ses idées, ses idées "reçues". On ne peut que s’identifier au personnage.
Cette histoire est tout simplement géniale, je m’attendais plus ou moins à une critique ou une apologie d’une structure matriarcale, mais quelle ne fut pas ma surprise en m’apercevant que le principal n’était pas tant le fait que la structure soit matriarcale, mais plutôt qu’elle le soit à cause de la proportion de femmes, et de la manière de gérer cette situation par une dizaine de personnages (en plus que de leur histoire en elle-même). Cette structure continue à évoluer au fur et à mesure des découvertes et des décisions des personnages, tels que Lisbeï, mais aussi des gens qu’elle côtoie. Ce livre est plein de réflexions philosophiques qui peuvent aussi bien s’appliquer à notre monde qu’à celui de Lisbeï. Ma conclusion : lisez-le, mais attention, c’est un pavé.
Date de mise en ligne : 23 mai 2003 - Dernière modification : 16 mars 2005
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