Être rôliste c'est quoi?
Ce n'est pas plus sale qu'être sportif, qu'être musicien, qu'être passionné de voiture. Ou joueur de jeux vidéos. Ou amateur de cinéma. Ou fan de téléréalité.
Être rôliste c'est aimer faire du jeu de rôle (Qu'est ce que le jeu de rôle en vidéo). Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Ca dépend des jours. Comme toutes les passions.
Par contre pour être rôliste, il faut être curieux et avoir un minimum de culture, de connaissance. On ne peut pas jouer et encore moins faire jouer dans la France du début du 19ème (par exemple) sans un minimum de connaissance historique, géographique et scientifique.
Moi, rôliste et joueuse
J'ai commencé assez tardivement (22/23 ans) avec des amis. Ou des gens qui sont devenus des amis. Bref, dans un contexte social régulier et sain - on se préparait de vrais repas à tomber par terre, bien loin de la pizza-soda-chips archétypale.
Notre groupe a subi son lot d'aléas, de disputes, d'éloignements. Comme tous les groupes d'amis.
Depuis j'ai rencontré plusieurs de mes proches par le jeu de rôle - internet aidant. L'homme qui partage ma vie y compris.
Moi, rôliste et maitre de jeu
Je lis. Beaucoup. Boulimiquement. Depuis toujours. D'abord les Oui-Oui, puis très très vite le Club des cinq, le clan des Sept, puis beaucoup plus tard de la SF et de la Fantasy. Des auteurs américains essentiellement.
Puis j'ai découvert Mathieu Gaborit. Un auteur français dont l'univers m'a fascinée. Une claque.
Puis un jeu dans son univers est sorti. Ce jeu là, c'était le mien, il fallait que je le maitrise. J'ai lu, travaillé l'univers, découvert internet et ses mailing-listes, fait jouer. J'y ai pris un immense plaisir, de celui du partage, de faire rêver les autres, de créer de l'aventure. Et même si je suis en pause, j'y pense toujours.
Moi, rôliste et auteure de jeu de rôle
Pouvez-vous imaginer ce qui peut se passer dans la tête d'une jeune adulte (dont le rêve secret a toujours été d'écrire des histoires) lorsqu'on lui propose d'écrire non seulement pour du jeu de rôle mais aussi pour son univers favoris ? Imaginez-vous la fierté de voir son nom dans un livre publié et de l'offrir à sa maman ?
Donc, j'étais capable de réaliser un rêve, de relever des défis et de m'en sortir haut la main. Sans aide, par moi-même!
Sans le jeu de rôle, je douterais très certainement de ma capacité à relever un défi - bon ça m'arrive toujours, comme tout un chacun... Mais beaucoup moins.
Moi, rôliste et dans le reste de la vie
Cette confiance m'a permis de m'affirmer bien plus que je ne m'en croyais capable.
Le jeu de rôle m'a aussi appris qu'on pouvait se tromper, apprendre de ses échecs et continuer la tête haute. Sans que (grâce au jeu de rôle) ce soit une leçon grave ou dramatique. Planter une partie en tant que maître de jeu, perdre un personnage suite à une mauvaise décision en tant que joueuse, ou faire des bêtises en tant que personnage fictif, cela n'a pas beaucoup d'impact. Mais ça apprend pourtant beaucoup de choses.
Le jeu de rôle - tant dans sa pratique que dans son écriture - m'a aussi permis de comprendre des mécanismes de travail en équipe, de coordination, de planification, de tout un tas de trucs que je n'aurai jamais pu expérimenter autant et de manière aussi variée et complexe. Des choses qui me servent aujourd'hui dans ma vie de tous les jours.
Moi, rôliste
J'ai relevé des défis, professionnels et personnels, ce que je n'aurai probablement pas osé sans l'expérience que m'a apporté le jeu de rôle. Je me suis même plantée. Comme dans le jeu de rôle. Mais je savais que je pouvais rebondir, changer de voie, et surtout continuer.
Le jeu de rôle fait intrinsèquement partie de moi. Sans le jeu de rôle, je serais différente, et d'ailleurs ce site n'existerait probablement plus.
Ce que le jeu de rôle m'a apporté et que je n'aurais pas pu trouver dans une autre passion? Je dirais la capacité de me lancer de vrais défis. Et le courage de les relever.
Je crois que je l'avais oublié.
Pourquoi ce billet?
Parce qu'une campagne est lancée pour parler de ce que le jeu de rôle a apporté de bon ou de moins bon à des rôlistes. Pour parler de notre loisir, essayer de le faire connaitre et de le faire comprendre autrement.
Je ne suis pas "que" rôliste. Je suis aussi une femme, une émotive, une informaticienne, une joueuse de jeux vidéos ou de société, une télévore, une patouilleuse, une grosse lectrice, une rêveuse, une pas-sportive-du-tout, ... Cependant le but étant de se concentrer sur la partie Jeux de rôle, la vision est donc forcément restrictive. Cela ne veut en aucun cas dire que ceux qui participent à cette campagne n'ont QUE le jeu de rôle dans leur vie. Loin de là!
A lire aussi - outre les autres témoignages de la campagne "Moi, rôliste" :
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